Interfaces surface/souterrain
Les recherches menées autour des interfaces entre les eaux de surface, les sédiments et les milieux souterrains visent à comprendre les mécanismes physiques et hydrologiques qui contrôlent les transferts d’eau, de sédiments et de contaminants dans les hydrosystèmes. Ces interfaces constituent des zones clés de régulation, particulièrement sensibles aux forçages hydrologiques et aux changements globaux, et jouent un rôle central dans le fonctionnement morphodynamique, hydrologique et biogéochimique des cours d’eau.
Un premier volet de ces travaux porte sur l’analyse des processus de déstabilisation des berges en milieu alluvial. L’érosion latérale et les mouvements de masse associés sont étudiés afin d’identifier les modalités d’instabilité des berges et leurs facteurs de contrôle hydrologiques et géotechniques. Ces processus représentent une source majeure d’apports sédimentaires vers le chenal et conditionnent la recharge sédimentaire latérale ainsi que la dynamique des flux solides. Les recherches visent en particulier à mieux contraindre les relations temporelles entre les événements hydrologiques et les réponses morphologiques, ainsi qu’à quantifier la contribution de la divagation latérale des cours d’eau aux bilans sédimentaires. Une attention particulière est également portée au rôle de ces processus érosifs dans la remobilisation et le transfert de contaminants stockés dans les berges vers le milieu aquatique, avec des implications directes pour la qualité des eaux et la gestion des risques environnementaux.
Un second volet s’intéresse à la quantification des flux d’eau aux interfaces entre eaux de surface et eaux souterraines, avec un focus particulier sur les systèmes karstiques. Le laboratoire assure la gestion scientifique du site du Val d’Orléans, labellisé SNO KARST (Service National d’Observation du Karst), qui constitue un observatoire de référence pour l’étude des échanges nappe–rivière dans des contextes hydrogéologiques complexes. Les recherches menées sur ce site reposent sur des approches multi-méthodes combinant observations hydrologiques de long terme, mesures topo-bathymétriques et analyses géochimiques à haute résolution spatiale, permettant d’identifier les zones de pertes et de résurgences au sein du système fluvial. L’un des enjeux majeurs réside dans la quantification fine et à haute fréquence temporelle de ces flux, fortement variables en fonction des conditions hydrologiques. Le développement de modèles hydrogéologiques intégrant ces observations vise à améliorer la représentation des échanges surface–souterrain et à proposer, à terme, des projections de leur évolution dans un contexte de changement climatique, contribuant ainsi à une gestion durable et intégrée des ressources en eau.
La résurgence du Loiret au Bouillon, site SNO KARST du Val d'Orléans
Parc Floral de la Source (Orléans)
Lever topographique Lidar de berge
Berge de l'Allier à Contigny